LES PERES ARTIFICIELS
L'AZOOSPERMIE :: Votre 1ère catégorie :: Insémination avec sperme d'un donneur (semi-) anonyme ou adoption?
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LES PERES ARTIFICIELS
Tiré du Nouvel Observateur du 10 Mars 1994
Comment vivent-ils le fait d'avoir un enfant par insémination ?
Le Nouvel Observateur. La motivation des hommes est-elle différente de celle des femmes?
René Arlabrosse. Quand il y a une réticence, elle vient pratiquement toujours de l'homme. On a souvent le sentiment que la mère désigne le père, qu'elle lui donne son statut en disant: «Je veux avoir un enfant et tu en seras le père.»
N. O. Comment ces hommes vivent-ils leur paternité?
R. Arlabrosse. En général, ils ont besoin de penser que l'enfant va leur ressembler. Ne serait-ce que pour que l'on ne devine pas leur stérilité: l'important pour nombre d'entre eux, c'est d'être d'abord reconnu comme un homme qui peut avoir un enfant. Le Cecos, dans le choix du sperme, prend en compte certains critères pour que l'enfant soit blanc si ses parents le sont, grand s'ils sont grands, et qu'il ait le même groupe sanguin qu'eux. Mais ces critères sont sommaires. Les parents ne comprennent pas toujours pourquoi on ne se fonde pas aussi sur l'intelligence, la religion...
N. O. Ces hommes sont-ils plus paternels que les autres?
R. Arlabrosse. Ils ont souvent davantage le sens du devoir vis-à-vis de l'enfant. Ils ont eu du mal à l'avoir. La décision a été difficile à prendre, la procédure auprès du Cecos a duré plus d'un an. Les couples qui ont un enfant par insémination sont en général plus stables que la moyenne. Mais si l'enfant est difficile, son père aura tendance à le comparer à l'enfant idéal qu'ilvoulait avoir. Au début, l'homme doit doncfaire le deuil de cette paternité idéale.
N. O. Et tenter d'oublier le gé-niteur...
R. Arlabrosse. Oui. En Suède, pour des raisons d'éthique, la loi impose aux parents de dire à l'enfant qu'il est né par insémination artificielle et de lui communiquer le nom du géniteur. Le danger est alors réel que se forme une famille à trois parents. Et le père est tenté de chercher des points de ressemblance entre son enfant et le géniteur. Ailleurs, le géniteur est présent dans l'imaginaire. Le Cecos a posé des règles strictes pour le don de sperme: hormis son caractère anonyme et gratuit, il doit émaner d'un couple marié qui a au moins deux enfants.
Propos recueillis par Jérôme Cordelier (*) Neuropsychiatre agréé auprès du Cecos (Centre d'Etudes et de Conservation des ufs et du Sperme humains) du Kremlin-Bicêtre depuis dix ans.
Jerome Cordelier
Le Nouvel Observateur
Comment vivent-ils le fait d'avoir un enfant par insémination ?
Le Nouvel Observateur. La motivation des hommes est-elle différente de celle des femmes?
René Arlabrosse. Quand il y a une réticence, elle vient pratiquement toujours de l'homme. On a souvent le sentiment que la mère désigne le père, qu'elle lui donne son statut en disant: «Je veux avoir un enfant et tu en seras le père.»
N. O. Comment ces hommes vivent-ils leur paternité?
R. Arlabrosse. En général, ils ont besoin de penser que l'enfant va leur ressembler. Ne serait-ce que pour que l'on ne devine pas leur stérilité: l'important pour nombre d'entre eux, c'est d'être d'abord reconnu comme un homme qui peut avoir un enfant. Le Cecos, dans le choix du sperme, prend en compte certains critères pour que l'enfant soit blanc si ses parents le sont, grand s'ils sont grands, et qu'il ait le même groupe sanguin qu'eux. Mais ces critères sont sommaires. Les parents ne comprennent pas toujours pourquoi on ne se fonde pas aussi sur l'intelligence, la religion...
N. O. Ces hommes sont-ils plus paternels que les autres?
R. Arlabrosse. Ils ont souvent davantage le sens du devoir vis-à-vis de l'enfant. Ils ont eu du mal à l'avoir. La décision a été difficile à prendre, la procédure auprès du Cecos a duré plus d'un an. Les couples qui ont un enfant par insémination sont en général plus stables que la moyenne. Mais si l'enfant est difficile, son père aura tendance à le comparer à l'enfant idéal qu'ilvoulait avoir. Au début, l'homme doit doncfaire le deuil de cette paternité idéale.
N. O. Et tenter d'oublier le gé-niteur...
R. Arlabrosse. Oui. En Suède, pour des raisons d'éthique, la loi impose aux parents de dire à l'enfant qu'il est né par insémination artificielle et de lui communiquer le nom du géniteur. Le danger est alors réel que se forme une famille à trois parents. Et le père est tenté de chercher des points de ressemblance entre son enfant et le géniteur. Ailleurs, le géniteur est présent dans l'imaginaire. Le Cecos a posé des règles strictes pour le don de sperme: hormis son caractère anonyme et gratuit, il doit émaner d'un couple marié qui a au moins deux enfants.
Propos recueillis par Jérôme Cordelier (*) Neuropsychiatre agréé auprès du Cecos (Centre d'Etudes et de Conservation des ufs et du Sperme humains) du Kremlin-Bicêtre depuis dix ans.
Jerome Cordelier
Le Nouvel Observateur






